Mes compulsions...

Publié le par Claire / Jellylorum

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Il y a peu, une amie a fait suivre sur FaceBook l'article d'un blog qui m'a beaucoup parlé. J'avais envie de vous le faire partager, et de vous confier mon histoire vis à vis de la nourriture. 

En effet, je suis une épicurienne, j'aime tous les plaisirs de la chair, en bon taureau.

Mais pour autant, je compulse... Quand certaines ne mangent quasi plus lorsqu'elles vont mal, qu'elles dépriment, moi j'ai des crise de compulsion et je me jette sur n'importe quoi.

 

Il faut dire qu'on m'a toujours appris à ne rien laisser dans mon assiette, la phrase fétiche de ma grand mère, chez qui nous passions toutes nos vacances, était "Vous n'allez pas me laisser ça". Elle remplissait nos assiettes d'amour et de nourriture, et nous gavait, simplement pour nous faire plaisir. La nourriture était associée à des moments de bonheur, mais très vite, formée plus tôt que les autres filles (poitrine en primaire, premier soutien-gorge en CM1), je l'ai associée à plus de rondeurs, donc un regard plus lourd posé sur moi. Bizarrement, c'etait un ensemble de moqueries (grosse, baleine...) et de regards concupiscents.... Cela me faisait me sentir encore moins jolie, encore plus à part, que ce que je ressentais déjà.

 

Et ça a continué... J'ai toujours été la pote, la roue de secours, la sympa, mais pas la jolie, la populaire, la showgirl, la tellement drôle, la brillante... Celle en plus... Ouais, la bonne copine qui ne piquera jamais le mec de personne, qui ne fera pas d'ombre, une faire valoir sans grand intérêt.

http://claire.video.free.fr/Blog/photos/frigo.pngJe me détestais, je me sentais si minable, si moche, si grosse (je ne l'étais pourtant pas tant que ça, ronde oui, énooorme, non), si bête... J'acceptais avec le sourire toutes les méchancetés qu'on me balançait, et les ados ont tendance à être particulierement sympathiques à ce sujet.

 

A présent, bien sûr, je vis beaucoup mieux avec moi. Je ne suis plus une jeune fille prête à tout subir pour qu'on l'aime, pour qu'on l'accepte. Mais mon rapport à moi même et à la nourriture perdure. Je suis capable d'être hyper droite dans mes bottes toute la journée, pas un écart, et d'un coup, la compulsion arrive. Et là, il ne vaut mieux pas qu'un paquet de chips traine à proximité. Parce que oui, en général, quand je compulse, je compulse salé. Bien sûr, j'ai vite mal au coeur, bien sûr, je me déteste encore bien plus, mais j'ai besoin... Besoin de me remplir, besoin aussi de me faire du mal... Alors, quand une madmoiZelle parle dans son article de son besoin de remplir son vide d'intelligence, j'ai l'impression de lire ce que je vis. Le vide d'intelligence, le vide de connaissance, le vide d'intérêt, le vide de soi... Et se rendre malade, se faire encore du mal, que ça déborde, que ça déteigne, et que ceux qui ont une belle image de moi voient ce que je suis réellement: un imposteur, ignare, sans volonté, sans rien de beau, comme un puit béant.  


Alors pour cette nouvelle année, je pourrais tenter la résolution d'être enfin en paix avec la nourriture, et donc probablement en paix avec moi. Mais à l'impossible, nul n'est tenu, et je ne tiens pas à me mettre une pression supplémentaire. J'aimerais au moins limiter les crises, grosses ou petites (oui, parce que c'est pas obligatoirement d'énormes compulsions, parfois, c'est même minime et j'arrive à les controler).

 

Parce qu'en fait, je ne vous parle pas de problême de poids. Bon, ça peut aller avec (surtout que je ne me suis jamais faite vomir), mais j'arrive à me maintenir. M'enfin je vous rassure, je suis toujours ronde

Non, je vous parle surtout de me sentir moins minable que ce que je suis, ou en tout cas, de ne plus me consoler douloureusement avec la nourriture. Sentir chaque fois le gout des aliments, les apprécier, et non pas les engouffrer quand sans savoir de quoi il s'agit lorsque je suis en crise... 

 

Mais je ne me sers pas que de la bouffe, je l'avoue. Je peux compulser sexuellement aussi, de façon sauvage, violente, mais ce n'est pas là l'objet de l'article, qui voulait surtout vous renvoyer sur celui-ci. Je suis certaine que ça donnera des pistes, des réponses peut être, des "c'est tout à fait moi" assurément. Car nombreuses sont les personnes qui se réconfortent, se punissent, se réfugient dans la nourriture.

Et bien souvent, personne ne le sait... Reste la solitude, la douleur et la honte...

 

 

PS: et bonne année quand même, mouhahahaha!!!!!!

 

 

PS bis: cet artice a été écrit avec l'aide de chips à la moutarde...

Publié dans Blabla

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FD 18/01/2012 17:16

Compulser sur le chocolat, c'est compulser quand même ? Dans ce cas, je compulse grave...:-(
Je te souhaite une belle année 2012, et surtout d'être en paix avec toi-même, chips ou pas chips, si ça te fait du bien et pas de mal...

Claire / Jellylorum 31/01/2012 12:16



Merci beaucoup, après 3 semaine de régime, je ne compulse quasi pas, et si une crise arrive, je sais la gérer, c'est pas si mal (et je maigris mouhahaha)