Respecter l'autre...

Publié le par Claire / Jellylorum




Le texte d'hier a fait réagir, et c'etait le but. Dans les commentaires, sur ce blog ou sur facebook, personne ne trouve normal que l'on m'ait crié dessus et tapée pour quelque chose d'aussi bête et sans grande importance. Oui, c'est anormal.
Pourtant, je suis adulte, donc de force égale à l'autre personne, armée pour me défendre physiquement et verbalement, et assez grande pour comprendre, d'une que je dois m'arrêter, de deux que l'autre peut se sentir dépassé.
Je vous rassure, et je m'excuse du soucis que cela a pu vous poser, cela ne m'est pas arrivé. Non, pas à moi. Mais chaque jour, cela arrive à des enfants, à nos enfants. Pour des choses aussi insignifiantes, nous crions, et tapons. Et personne ne réagit, chacun trouve cela normal. On appelle cela l'éducation. Pourtant, là, il s'agit d'êtres bien moins grands, forts et armés pour réagir face à nos propres violences. Car, on l'a lu dans vos réactions, le fait de se faire crier dessus et taper, même une tape forte sur la cuisse (oui, je n'allais pas mettre qu'on m'avait donné une fessée, vous auriez cru à un jeu sexuel!! ), tout le monde a trouvé cela très violent.
Est-ce donc plus normal lorsque cela se passe sur un enfant?
Donnez une claque à un adulte, il peut, en toute légalité, porter plainte pour coups et blessures. Et, je me suis renseignée, avoir gain de cause (L'article R 624-1 du Code pénal réprime les violences légères passibles d'une contravention de la 4ème classe. Bousculer, secouer, cracher à la figure, arracher les cheveux, griffer, pousser à l'eau, jeter des corps durs ou des immondices ont été qualifiés par les Tribunaux de violences légères). Donnez une claque à un enfant, il peut, en toute légalité, aller pleurer dans sa chambre. Et vous, avoir la bénédiction de l'assemblée.
Nous nous trainons des décennies, des centaines d'années même de punitions corporelles, et il est difficile de se départir de ce schéma éducatif, envers les enfants et envers les femmes.
Le droit romain antique reconnaissait au pater familias le droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants.
Ce n'est que depuis 1992 qu'il existe une loi réprimant les violences conjugales, et seulement en 1990 que la cour de cassation a rendu un arrêt condamnant le viol entre époux. Les avancées sont longues, auparavant, nul doute que l'autorité toute puissante du mari était considérée non pas comme violente mais normale (éducative elle aussi).

Aujourd'hui, une loi anti-fessée est (enfin) proposée en France. Ce n'est pas une loi pénale, personne ne va venir voir comment ça se passe chez chacun. C'est une loi pour dire "stop, non, ce geste ne doit plus être normal".

En 1979, année internationale de l'enfance, la Suède promulgue la première loi au monde qui interdise de battre les enfants :

"L'enfant a droit à des soins attentifs, à la sécurité et à une bonne éducation. L'enfant doit être traité avec respect envers sa personne et ses particularités et ne peut être exposé à des punitions corporelles ou autre traitement offensant".

Il est intéressant de noter, qu'en 1977, soixante dix pour cent des Suédois étaient contre cette loi, et qu'en 1997, il ne reste que dix pour cent de réfractaires.

Près de vingt ans d'application de cette loi ont influencé les croyances, les comportements, et ont aidé à une prise de conscience des citoyens.

Cette loi existe dans dix huit pays Européens, et le Conseil Européen a lancé en juin 2008 une campagne contre la fessée avec le slogan « Levez la main contre la fessée ».
Ici, nous sommes en France, pays des droits de l'homme. A priori, ce n'est donc pas le pays des droits de l 'enfant, puisque, là ou tout le monde s'est accordé à dire que mon histoire d'hier n'était pas tolérable, aujourd'hui, sachant là ou je voulais en venir, beaucoup changeront de discours.

Source:
http://avocats.fr/space/catherine.perelmutter/content/eduquer-sans-frapper_8947731D-7955-4A82-8CC5-7770EBCFACE3


J'ai encore beaucoup à dire la dessus, mais beaucoup de travail today. Je poursuivrais plus tard. Mais il m'est apparu, pour montrer ce que peut ressentir un petit alors, que transposer sur un adulte était la seule solution. Pourquoi serait--ce plus normal vis à vis de nos enfants?

Publié dans Infos

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Koa 22/02/2010 21:52


Ah oui, j'ai zappé une partie du commentaire (j'ai fini un peu vite parce que ma petite m'appelait)...

Je n'ai pas réagi sur l'autre article, mais en lisant celui-ci intitulé "respecter l'autre", j'ai voulu te livrer mon ressenti car je ne me suis pas du tout sentie respectée par le subterfuge que
tu as employé.

J'ai lu ta réponse au comm' de Meylusine et j'ai un peu la bouche ouverte... "je savais que certains se sentiraient trahis et j'ai choisi de l'accepter pour faire passer mon message". Finalement,
c'est assez proche de ce que tu décris ? "Je savais que mon enfant se sentirait apeuré et démuni mais j'ai choisi de l'accepter pour qu'il comprenne que je ne veux pas qu'il chahute à côté de mon
ordinateur". Quelle est la différence entre une méthode irrespectueuse pour faire comprendre quelque chose à quelq'un et une méthode irrespectueuse pour faire comprendre quelque chose à quelqu'un
?

Pour moi la vraie bienveillance passe par l'acceptation du chemin de chacun, ce qui ne veut pas dire "laisser faire et ne rien dire" mais "parler de soi et de son propre chemin, sans chercher à
convaincre, simplement dans l'échange".

Cordialement :-)
Koa


Koa 22/02/2010 21:25


Bonjour,

C'est mon 1er com' sur ce blog que j'ai découvert via une amie suite au livre commis par Badinter. J'ai adoré cet article qui reflète ma vision d'un nouveau féminisme, qui ne chercherait plus à
rendre les femmes semblables aux hommes.

Mais l'article "besoin de vos avis, je ne sais plus quoi penser" me laisse plus que perplexe. J'ai eu le sentiment en lisant la dernière phrase que mes sentiments avaient été pris en otage. Je
trouve ce mensonge aussi laid que celui du Père Noël et la justification "j'avais besoin de faire passer mon message" ne me parle pas du tout. Si tu l'avais commencé par "Imaginez que je vous
raconte la chose suivante...", je pense que l'identification aurait pu se faire de la même façon sans passer par le mensonge.

A bientôt
Koa


Pascale 07/12/2009 13:00


Coucou ma Claire,

Bon tu connais mon avis sur le sujet vu que nous en avons parlé de vive voix toutes les deux, mais comme on est des adultes raisonnées on peut parler "sans crier, ni taper" lol.

La seule chose qui m'a un peu gênée c'est la façon dont tu as présenté les choses dans ton premier message, même si j'avais des doutes sur le fait que tu ne fasses pas ça "à titre d'exemple" et
pour avoir des réactions. Bon mais là ça n'est que mon avis.
Je ne sais pas si tu as vu mon tournage à 10h le mag, mais au cas, tu aura pû voir que mes loulous semblaient bien dans leurs godasses mêmes si ils ont déjà eu des fessées l'un comme l'autre.

Ca n'est pas un secret si je te dis que je suis "contre" cette loi, car j'ai peur que ça aille un peu trop loin par la suite.

Tout comme plein de parents, j'ai déjà mis une fessées aux garçons qui bien souvent se sont marrés, ce qui me laisse penser qu'ils fichent royalement.

Ca a été rare, et souvent parce qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin comme le savent si bien le faire nos chérubins.

Je ne suis pas sûre que ça soit un acte réfléchit, loin sans faut, mais j'ai pensé à l'instant T que ça allait les calmer un peu.
Bien souvent aprés on se sent peu glorieux et un peu en position d'échec. MAIS quand il m'arrive de crier, je trouve presque ça pire car ça sert encore moins à quelque chose.

Je me suis rendu compte que parler "normalement" permettais finalement de mieux les faire réagir ceci étant par moment les enfants poussent "pépito dans les cactus" et il y en a un peu ras le bol"
ce qui pousse à mettre une tape aux fesses.

Je ne pense pas que l'on puisse dire que la fessée soit un acte "violent" sinon que doit-on dire des enfants battus ?
Je pense qu'il faut mettre un bémol entre une fessée et des coups, on pourrait donc dire que c'est un acte "exagéré" mais pas violent", c'est à mon humble avis, un peu trop fort.

Car la violence peu aussi être verbale, le choc des mots, même à voix basses peut occasionner des maux bien plus conséquents et marquants qu'une tape aux fesses.
Mais là aussi ça n'engage que moi.

Il m'est déjà arrivé de me dire que j'aurai préféré prendre une claque que d'entendre certaines paroles.

Par contre, ce sur quoi je suis contre c'est la claque justement, je n'aime pas qu'on touche au visage. Cette dernière est pour moi un acte bien plus violent qu'une fessée.

Bon grosso modo, je crois que j'ai dit le fond de mes idées sur le sujet. lol

De gros bisous ma belle


miss lollipop 25/11/2009 20:52


Perso je trouve que ton exemple n'était pas adapté, mais ça n'engage que moi hein^^ il est clair qu'il me semble injustifié de taper un enfant parce que ce dernier taquine, c'est un enfant, et un
enfant est par définition joueur :D
Une fessée selon moi peut être un moyen de montrer à un enfant qui débute dans la vie et qui ne comprend pas tout quelles sont les limites à respecter. Même si je ne suis pas une partisane de la
fessée (j'ai du en coller une à mon fils une fois et je culpabilise encore, il était plus petit et n'écoutait pas mais alors vraiment pas ce jour là !!) Je suis davantage pour la punition (même si
ça me fend le coeur de le voir pleurer en allant dans sa chambre, je suis trop faible XD) La violence engendre la violence ça a été démontré, cependant je ne peux que trouver grotesque que l'idée
d'une loi sur ce sujet ait pu germer dans l'esprit d'un élu. J'espère que je ne suis pas trop à côté de la plaque, je suis fatiguée...


swanee 24/11/2009 14:31


Oh c'est extra ta façon d'aborder le sujet!
Je suis une anti-fessée royale... j'en ai reçu tellement petite pour des choses insignifiantes...injustifiées... un bout de papier qui traine, des jouets pas rangés , un trou dans le gâteau qui
trônait fièrement dans la cuisine alors qu'on attend des invités etc...
Une fessée c'est avilissant. C'est ce que les adultes ont trouvé pour maitriser, discipliner, soumettre tel une bête selon leurs règles de vie. Tuant ainsi tout bon développement. Douleurs que l'on
enfouit bien vite... pour grandir et s'épanouir comme les autres...
Il y a fessée et fessée... celle où on prend la main pour la donner... celle où l'on prend tout objet à portée de main pour l'exécuter ( martinet, fouet, baton)...La douleur physique n'est pas la
même... l'impact psychologique est bien réel. le coeur d'enfant se durcit, limite devient insensible...les larmes ne coulent plus tant on s'est forgé une carapace d'acier...on pense fort "c'est
rien une fessée...ça ne me fait pas mal" mais on n'ose surtout pas le dire haut et fort par peur d'en recevoir plus...oui on a peur, oui on est malheureux, oui on se replie sur soi car on n'a
personne vers qui se tourner, oui on ne peut pas lever la main en retour et répondre à ces coups. Souvent on est à un age où l'on ne sort même pas seul de la maison car juste trop petit, désarmé...
on grandit on se construit , on s'endurcit,on se protège comme on peut au point de devenir "un morceau de ciment dur" surnom qu'on finit par avoir car les adultes chez qui l'on vit nous estime être
indomptable...

Mais pourquoi ces adultes cherche à dompter, à soumettre, à imposer des règles, des principes établies sans expliquer leur bien-fondé?
On finit par être surnommé "madame pourquoi"
à qui l'on répond " tais toi c'est comme ça un point c'est tout" !

Pourquoi ces adultes ne cherchent pas à découvrir avec joie cette personnalité si différente de la leur qui vient d'entrer dans leur vie, et au contact duquel il pourrait apprendre aussi,
s'enrichir, aborder la vie autrement sous un autre angle que ce qu'ils connaissent déjà ?...

en parlant d'écologie on entend souvent "quel monde laisserons nous à nos enfants?"...mais on devrait aussi se demander plus souvent "quel adulte suis je en train de façonner chez mon
enfant?"...

" Qui aime bien chatie bien" , expression bien connue. Pour ma part, je ne vois pas lien entre le chatiment et l'amour...