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Doula

Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 11:03



Chaque année a lieu ce grand rassemblement, appelé Journées des Doulas, et cela s'adresse aussi bien aux doulas, aux femmes qui s'interessent à ce métier, aux parents, aux professionnels, qu'à n'importe qui souhaitant partager les ateliers et conférences proposés.
Cette année, les journées s'intitulent "Liberté, égalité, maternité", et le programme est simplement époustouflant. Le thème en est la parole des femmes et des slammeuses viendront retransmettre des textes de femmes déposés sur le blog ouvert à cet effet: De mères Amères (créé par devinez qui...).
Le programme, très dense, est cette fois sur 3 jours (les années précédentes, c'était sur 2 jours), avec des invités aussi magnifiques que Edwige Antier, Joëlle Terrien, Naoli Vinaver, Jan Tritten, Eliette Abecassis, etc...
Le vendredi soir, on pourra assister à la projection du film Orgasmic Birth pour la première fois en France et le samedi soir, après le triomphe de l'année dernière, la pièce magnifique "Naissance" sera à nouveau jouée. Vous pouvez choisir de ne venir qu'à l'une ou l'autre de ces soirée, sans venir aux Journées.
Tout au long des Journées, des Tentes Rouges se dérouleront, mais surtout, pensez à vous inscrire très vite.
Je ne peux résister au plaisir de vous faire partager le programme dans le détail:

Vendredi 8 mai : Rassembler

8h45 : Accueil et chant

9h-12h30 : Plénière
- Ouverture
- Joelle Terrien, sage-femme, auteure : "Passage de vies. Pour une naissance libre"
- Jan Tritten, sage-femme américaine, fondatrice de Midwifery Today : Croire en son projet


14h-16h : Ateliers au choix
A- Tente rouge
B- Maisons de naissance en France : Comment mobiliser et soutenir ?
C- Ne réveillez pas les bébés !, Dr Suzanne Colson, Grande-Bretagne
D– Contraception : méthode sympto-thermique à indices combinés, avec Milène Clichy
E- Sexe, plaisir et accouchement, avec Luisa Condeço doula et Lurdes, sage-femme, portugaises


16h30-18h : Plénière
- Slam Mères A-mères, avec Catmat
- Eliette Abecassis, auteure : lecture de passages de « Un heureux évènement »


20h : Projection du film « Orgasmic Birth » (sous-titré en français)
Partagez le voyage de 11 femmes et leur partenaire grâce à ce documentaire qui capture des instants magnifiques où les femmes vivent leur accouchement dans le ravissement et l'extase. Par Debra Pascali Bonaro

 
Samedi 9 mai : Partager

8h45 : Accueil et chant

9h-12h30 : Plénière
- État des lieux de projets, en régions et dans le monde : table ronde avec des représentants de différentes organisations, France, Europe, Amériques, Israël
- Naoli Vinaver, sage-femme : Rituels de la naissance au Mexique


14h-16h : Ateliers au choix
A- Tente rouge
B- Rituels de la naissance au Mexique, avec Naoli Vinaver, sage-femme mexicaine
C- Les violences faites aux femmes, avec Diaryatou Bah
D- Danse avec bébé : Danse-portage, avec Lauriane Chamming's
Lauriane Chamming's, danseuse professionnelle, enseignante et maman, propose des ateliers de danse avec bébé porté en écharpe. L'idée est d'amener les parents à une rencontre avec leur propre corps et celui de leur bébé, et de communiquer sans parole à travers des gestes simples dans une atmosphère ludique et conviviale (il n'est pas nécessaire d'être « danseur »!). C'est un moment privilégié, de plaisir et de proximité qui favorise et consolide le lien avec l'enfant tout en permettant au porteur de retrouver une liberté de mouvement en toute sécurité.
E- Groupe de pères avec Mauricio Kruchik-Biderman, doula israëlien


17h-18h : Plénière
- Slam Mères A-mères, avec Marie Martias - Diaryatou Bah : un combat pour l'émancipation des femmes - Retour sur l'atelier de la veille "Maisons de naissance" avec Emmanuelle Sampers et Catherine Piraud-Rouet, auteures


20h : Pièce de théatre « Naissance » suivie d'un débat
« Naissance» met en scène huit femmes qui racontent l'histoire de leur grossesse de façon à la fois drôle et émouvante.

 
Dimanche 10 mai : Affirmer

9h-10h30 : Ateliers, au choix
A- Tente rouge
B- Belly-art : célébrer les ventres des femmes
C- L'expérience internationale, avec Jan Tritten et Marsden Wagner, USA
D- Projet de naissance et accouchement à domicile, avec l'ASAAD


11h-12h30 : Plénière
- Slam Mères A-mères, avec SheinB
- Edwige Antier, Marsden Wagner : Des pédiatres à l'écoute des bébés, à l'écoute des mères


14h-16h : Plénière
- Présentation "Humour" : extraits de films, sketches et chansons sur la naissance et la parentalité
- Clôture sur des textes recueillis sur le blog de Mères A-Mères slammés par CatMat, Marie Martias, SheinB du collectif SlamÔFéminin et toutes les femmes souhaitant monter sur scène !


Bien entendu, et ce comme chaque année, je serais là bas. J'espère vous avoir donné envie de m'y retrouver! Si vous venez, mettez un petit commentaire, qu'on puisse s'y voir! Les inscriptions se font ici, sachant qu'avant le 7 avril, il y a un tarif préférentiel.
En cas de soucis financiers, n'hésitez pas à contactez Doulas de France, on trouve toujours une solution!
Venez nombreuses !!!!!

Par Claire / Jellylorum
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /2009 23:24





Aujourd'hui, j'ai eu le privilège de participer pour la seconde fois au blessingway de Marine, maman de deux petites fées blondes, qui attend son petit garçon pour le mois prochain. J'avais déjà eu la chance d'être présente à la célébration précédant la naissance de sa deuxième fille, j'étais alors sa doula. Marine est depuis devenue une amie chère à mon coeur, et la journée d'aujourd'hui a été à nouveau riche en émotion. Ma bougie est prête et le bracelet qui représente le cercle de femmes présent autour d'elle est à mon poignet, nous attendons à présent l'arrivée de son fils.
Mais cela m'a donné envie de mon mettre ici l'article sur le blessingway que j'avais fait à l'époque, car ce rituel est fort peu connu, mais magnifique à vivre.


D
urant la fin de grossesse, on parle énormément du bébé. Il est quasiment déjà le centre d'intérêt. Le blessingway est l'occasion de célébrer la future maman, en tant que femme, qu'amie, l'accompagner dans son chemin vers cette rencontre, en se ralliant à toutes ces générations de femmes qui ont enfanté avant elle.

L'origine de ce rituel provient des Indiens Navajo d'Amérique du Nord. C'est un rituel de transition, qui en l'occurrence sert à célébrer la femme qui devient mère, mais qui a sa place dans chaque transformation majeure de la vie (la puberté, un mariage, un renoncement, etc…).

Cela n'a rien à voir avec les baby-shower que l'on voit aux USA, il n'y a pas de déballage de cadeau pour le bébé, tout est centré sur la femme. Généralement fait dans un cercle de femmes, sans les hommes et les enfants qui pourront les rejoindre plus tard, la future maman choisit celles qu'elle désire avoir près d'elle pour cette célébration, amies, sœurs, cousines, mère… Parfois, cela est une fête surprise. Mais pour la mère, participer au choix des rituels est souvent un vrai plaisir. Tout est fait autour et pour elle. Mais bien souvent les femmes présentes sont touchées et émerveillées de la transmission qui se met en place, dans l'amour et la bienveillance.

Bien souvent, un des plus beaux cadeaux du blessingway est le moulage de ventre de la mère. A base de bandes de plâtre, elle conserve alors l'image d'elle portant son enfant, dans toute la beauté et la plénitude de sa rondeur.

Elle pourra ensuite choisir de le peindre, de le vernir ou bien de le garder tel quel.

  Toutes ensembles, les femmes moulent le ventre de Marine…



Le collier est aussi un moment très fort. Chaque femme offre à la mère une perle, soit une perle pour la maman et une pour le bébé, soit une perle pour chaque maternité de la femme qui offre.



C'est à la future maman de décider ce qui lui parle le plus. Puis, tour à tour, les femmes offrent les perles en expliquant leur signification. La femme célébrée peut ainsi s'en faire un collier à porter durant l'accouchement, symbolisant la force des expériences des femmes présentes, en tant que mères mais aussi en tant que femmes.


 


De même, les femmes peuvent prendre un lien (laine, cuir, tressé ou non , peu importe) et l'attacher chacune autour de leur poignet. Ce lien symbolise ce cercle de femmes, et une fois coupé, toutes restent reliées par ce bracelet, à porter jusqu'au moment de l'accouchement, ensembles, unies.

 Sur cette photo, le lien est tressé en 3 couleurs, rouge et bleu pour symboliser le cordon ombilical et blanc pour le lait maternel.


On peut aussi offrir une bougie que l'on fera circuler, allumée, tandis que chaque femme offrira un vœu à la future mère selon le lien que chacune entretient avec elle, pour sa fin de grossesse, son accouchement et sa nouvelle maternité. Cette bougie pourra être rallumée lors de l'accouchement, pour que les vœux adressés reprennent force. De même si les femmes lui laissent une lettre avec leurs vœux, une personne pourra lui relire lors du travail…

Ainsi ce rituel est celui de la femme, elle peut donc choisir ce qui lui correspond :

  • - Faire brûler de la sauge dans les pièces de la maison pour la purifier,
  • - Se faire baigner les pieds dans un bain de fleurs,
  • - Brosser les cheveux pendant que les femmes partagent de beaux récits de naissance,
  • - Recevoir une couronne de fleurs,
  • - Chanter des chants,
  • - Se raconter leurs histoires de femmes, de naissance, les leurs, celles qu'elles imaginent, celles dont   elles rêvent…
  • - Offrir à la future maman un cadeau fabriqué…

Ce qui compte, c'est de célébrer cette femme sur son chemin de naissance, dans toute sa plénitude et sa force de femme, en lui offrant soutien et empathie, en l'inscrivant dans la lignée de ce cercle de femmes, puissantes, qui donnent la vie, qui portent le monde en elles. Ensembles, présentes près de cette femme, toujours liées par ces rituels du Blessingway…

 

Liens et ressources en français :

http://www.doulas.info/blessing.php

http://www.cwhn.ca/network-reseau/4-1f/4-1pg2.html

 

Merci à Marine de m'avoir permis d'utiliser les photos de son blessingway…


Je vous mettrais bientôt un article sur le moulage de ventre si vous le souhaitez....

 

 

Par Claire / Jellylorum
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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 10:11

"Bold", qui signifie hardi ou audacieux, est également l'acronyme pour Birth On Labour Day. Labour Day est aux Etats-Unis, l'équivalent de la Fête du Travail en France. On dit aussi d'une femme qui est sur le point d'accoucher qu'elle est "en travail". Ce qui fait de "bold" un complexe jeu de mot assez difficile à traduire.

Bold est un mouvement global dont le but est de rendre la prise en charge (médicale) de la grossesse, "mother-friendly" c'est-à-dire "amie des mamans". En effet, bien souvent cette prise en charge est déshumanisée et ultra-médicalisée, ce qui a des conséquences très négatives sur le ressenti et le vécu des femmes.
Il s'agit donc d'informer les femmes et toute personne concernée et de les aider à agir en faveur de cette humanisation de la grossesse et de la naissance.

Pour ce faire, plusieurs événements sont organisésà l'initiative de Bold un peu partout dans le monde. Les plus importants sont le spectacle "Birth" ou "Naissance" et les "Red Tents" ou "Tentes rouges".



Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler des Tentes Rouges.
Au départ, cela reprend les anciennes traditions, notamment amérindiennes, des Tentes des Lunes ou des gynécées. Les Tentes Rouges traditionnelles étaient des rassemblements réguliers de femmes où  celles-ci pouvaient échanger librement sur des questions féminines. Ici, ce sont des groupes de parole de femmes, dans un lieu intimiste, propre à se sentir en sécurité, comme dans un cocon, qui racontent leurs histoires de naissance. Leurs grossesses, leur naissance, celles de leurs enfants...

Dans notre société actuelle, nous vivons tous les uns à coté des autres sans jamais vraiment communiquer. Les grands moments de la vie d’une femme sont encore plus forts quand on peut les partager entre femmes. Le but de ces tentes rouges modernes est de recréer cette transmission de femme à femme dans un lieu qui invite au partage de nos vies. On reprend ainsi la tradition de la transmission orale de femme à femme, entre femmes, pour les femmes.

C'est l'occasion de poser de trop lourdes valises, en sachant qu'il n'y aura aucun jugement, rien que l'empathie, et toute l'énergie d'amour de ces femmes qui nous entourent en ce lieu et qui, elles aussi, ont ressenti joie et souffrance dans leur corps de femme.
Les premières Tentes Rouges en France ont été faites lors des Journées des Doulas 2008. Pour toutes celles qui y ont participé, ce fut un moment chargé d'émotions, un moment fort de partage et surtout de douceur, malgré la violence de certains témoignages. Un moment ou on a pu pleurer, parler, chacune son tour, sans être interrompue, avec un véritable espace de liberté, avec la possibilité de ne rien dire si on le désirait. Juste partager, entre femme, dans un lieu conçu comme un cocon, entouré de tentures rouges, très symboliques de l'utérus. En partageant un thé et des douceurs, dans ce cercle de femmes.
Une vidéo a été tournée lors de la dernière tente rouge dont j'ai fait un film que vous pouvez retrouver sur le site Doulas de France. Vous pouvez toucher du doigt les émotions intenses ressenties, et l'ambiance de confidence et de partage, de douceur et d'union ancestrales qui lient toutes les femmes depuis la nuit des temps.





Les femmes en sont ressorties heureuses d'avoir pu poser des mots en étant écoutée, d'avoir eu un espace de parole individuel, bien à elles, tout en partageant les récits des autres femmes présentes.
Pour continuer dans le cercle féminin, chacune a eu un ruban rouge en bracelet, symbolisant le lien qui s'est créé entre les femmes ayant partagé cette tente rouge ensembles, pour que le cercle se poursuivent et que l'on se souvienne que l'on est pas seule, mais entourées de nos amies, de nos soeurs de sang et de coeur....
L'engouement a été tel pour les participantes aux diverses Tentes Rouges qu'un groupe Yahoo s'est créé et que de nombreuses Tentes Rouges sont organisées dans toutes la France, preuve que la transmission et le soutien, le partage entre femmes  est un besoin viscéral.


Sources et liens
Bold Paris
Doulas de France
Histoires d'Humanités
Musiques Les Balkanes
Groupe Yahoo Tentes Rouges
Par Claire / Jellylorum
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /2008 10:45

Cette naissance est prévue pour dans plus de 15 jours, mais à force, on le sait, les bébés font ce qu’ils veulent.

A. m’appelle en début de soirée pour me dire qu’elle contracte toutes les 7 mn. Bon. Elle n’a pas la voix d’une maman en travail, on verra comment ça évolue. Mon homme rentre et je lui dis que peut être je vais devoir partir dans la nuit. Il me dit de lui laisser les numéros de téléphone des baby sitters. Flûte, demain, c’est mercredi, et je sais que la baby sitter qui vient beaucoup en ce moment garde une petite. Et en plus, c’est le jour ou mon grand n’a pas école. Tant pis, on verra.

Je dis à mon chéri que de toute façon, il n’est pas certain qu’A. me rappelle, que ça peut être un prétravail…

Je préviens tout de même les enfants que peut être, je devrais partir dans la nuit. Tomy a beaucoup de mal en ce moment avec mes départs. Il ne veut pas. « Non, on veut pas que Julie (la baby sitter) vienne… »

Cedric ne peut pas rester demain. Il a du travail. Pourtant, là, c’est moi qui semble avoir du travail. Mais a priori, soutenir une maman pendant la naissance de son bébé est moins important que finir une pub télé. Il faut dire que c’est lui, le soutien de famille. Donc ça compte plus…

Non, je suis dure, peut être un peu remontée. Car il est avec moi et même s’il râle pas mal, il m’a toujours soutenu dans mes choix…

On couche les enfants, juste avant, la maman me rappelle, cela suit son cours et elle va se reposer en attendant.

Je couche Tomy, lui donne le sein, puisque même à presque 3 ans, c’est ainsi qu’il s’endort avec moi. Mais ce soir, c’est très dur. Il sait que je peux partir à tout moment et il refuse que je m’eloigne… Il a beaucoup de mal à lâcher et tomber dans le sommeil et ne s’endort vraiment qu’à minuit passé. Cedric et moi n’avons pas encore mangé. Diner tardif du coup… Puis, après un passage à l’ordinateur, je monte me coucher, enfin. Il est pas loin de 2h du matin…

A 2h30, mon portable sonne. J’aurais du me coucher plus tôt, je le sais que je dois me reposer en période d’accouchement. Tant pis. C’est A. Elle a besoin de présence, elle voudrait que je vienne et elle pleure au téléphone. Je sens bien que le travail ne semble pas vraiment avancé, mais si elle a besoin, je viens. Je lui conseille d’appeler aussi sa sf puisque c’est une naissance à domicile, et que je ne veux pas me retrouver seule là bas si le bébé arrive.

Je dis à Cedric, completement endormi, que je lui ai laissé les numeros dans la cuisine. Et je pars. J’ai 50 km à faire, mais au moins, la nuit ça roule bien. Ca va, ce n’est pas trop loin. Lorsque j’arrive, la sf est déjà là. Il y a une eleve sf avec elle. Beaucoup de monde je trouve. A. va bien. Les contractions ne semblent ni intenses ni rapprochées. Ca semble plus un pretravail qu’un travail. On décide tous d’aller se coucher vers 5h. On verra plus tard. Peut être demain, peut être la semaine prochaine, qui sait…

Re 50km pour rentrer. Arrivée à la maison, surprise, tout le monde est réveillé… Tomy pleure depuis 4h du matin, il est inconsolable. Et il a réveillé Noa bien sur…

Malgré le sein, il met beaucoup de temps à se rendormir, il est inquiet que je reparte. Je susi épuisée par le manque de sommeil.

Vers 6h30, j’arrive à me rendormir, ouf…

Epuisée oui. Et Tomy aussi. On se reveille à midi. Noa est devant ses dessins animés. Pas de judo aujourd’hui, vu que c’est dans moins d’une heure, que personne n’est habillé et n’a mangé… Journée au ralenti.. Mais pourquoi le téléphone sonne-t-il autant quand on est si fatiguée ???

A 17h30, A. me rappelle. Elle est à 8cm. La sf et l’élève sont là. Il faut que je vienne. Vite, j’appelle Cedric pour qu’il revienne plus tôt. Perle d’homme, il part une heure en avance de son travail… Mais impossible de joindre ma baby sitter. Elle n’a pas pris son portable et ne revient qu’à 19h30… Non, ce sera trop tard… En désespoir de cause, je demande à des voisins, les seuls avec lesquels on a sympathisé, et qui ont l’age de nos parents, s’ils veulent bien venir surveiller les enfants durant 1h30. Je me sens hyper mal de demander ça, surtout qu’on n’est pas non plus intime… Gonflée la fille, mais je n’ai pas le choix… Ouf, ils acceptent, il faut dire que c’est un couple absolument adorable. Je file vite, après avoir passé 5mn pour voir comment ça tournait. Faut en plus que j’explique que Tomy adore être tout nu et qu’on n’est pas des parents malades qui laissent exprès nos enfants zizi à l’air…

 La maison est dans un bordel monstre, rien n’est rangé, ; pas d’aspirateur passé, normalement, je sauve les meubles avant que Cedric rentre, en rangeant un peu après le passage des cyclones Noa et Tomy. Mais là, pas le temps… tant pis, j’y penserais un autre jour, j’ai toujours mes 50km qui m’attendent…

Là bas, c’est le papa qui m’ouvre, avec leur fil ainé dans les bras. Bon. Donc, il n’est pas avec A. Il s’occupe de M. Mon coeur de doula me dit fugitivement que l’élève aurait pu le faire le temps que j'arrive. Je lui propose de lui donner le bain pour qu’il aille avec sa femme. Elle est dans leur chambre, avec la sf et l’élève qui sont tout à fait formidables mais ça fait du monde.... Beaucoup de monde. Trop je trouve… La chambre n’est pas grande. Avec le papa en plus, c’est bouché…

Leur fils ne fait pas de difficulté à rester avec moi. Pourtant, on ne s’est vu qu’une fois, les autres rdv ont été juste avec la maman, elle avait envie d’un moment rien qu’à elle.

Il sent qu’il se passe des choses, il n’a pas encore 2 ans. Et il sent que je suis une amie. Alors il est d’accord pour rester et jouer avec moi.

Là pour moi, ce qui compte, ce n’est pas d’être dans l’accouchement, mais de permettre au papa d’y être. Peu importe si je joue la baby sitter.

 La petite arrive très vite… Tout se passe bien… Les parents sont supers.

Quand je rentre chez moi, il est 22h passé. Les enfants ne sont pas couchés. Alors, il faut laver les dents, rassurés et coucher les petits Ils sont très énervés. Et moi, éprouvée émotionnellement. Ca vide un accouchement. C’est un privilège d’être conviée comme cela dans l’intimité d’une famille. Mais ça vide.

Tomy dort sur moi cette nuit là. Il a trop peur que je reparte. Il s’assure ainsi que je ne peux pas bouger. Ce n’est pas la meilleure position pour dormir mais tant pis… Je voudrais me reposer mais entre ça et ses tétés, c’est dur.

Demain, une autre journée m’attend…

PS: j'ai publié ce texte avec l'accord de la maman accompagné, bien évidemment. Merci à ce couple ainsi qu'à tous les autres et tous les soignants qui nous permettent de faire ce métier si prenant mais formidable.
Et merci à mon homme et mes enfants de me soutenir...

Par Claire / Jellylorum
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 12:58
Journées des doulas 2008

 

 
Chaque année ont lieu les Journées des Doulas. C'est un rendez vous merveilleux pour toutes les peronnes s'interessant à la maternité respectée, pas seulement pour les doulas.
La première année ou j'y ai participé, j'étais ronde comme un ballon, enceinte de Tomy... Nous étions un joli nombre mais pas non plus extremement nombreuses.
J'étais sur mon chemin de doula, déjà plutot impliquée, mais au début. Comme les doulas dans le paysage français. Depuis, chaque année, le mouvement prend de l'empleur. Et les journées prennent de l'empleur.
Il y a de plus en plus de monde: plus de doulas, plus de femmes cheminant sur cette route, plus de parents accompagnés, plus de professionnels, plus de journalistes...
Cette année, nous serons comme l'an passé près de la porte de Bagnolet, dans le 20è.
Le thème est Passages: la transmission des femmes sages. Un bien beau thème, n'est ce pas?
Les journées débutent le vendredi matin par l'assemblée générale de l'association Doulas de France, puis les conférences et ateliers s'enchainent à partir de 13h, tout le samedi et le dimanche matin.
Car c'est ainsi que ça se passe: ateliers au choix et salle pleniere... Vous décidez de votre programme, et je peux vous dire que ce n'est pas facile de choisir...
Cette année, au hasard, vous pouvez suivre: " Choix du lieu de naissance", ou "Pratiquer l'ecoute et la bienveillance", "les rituels de transmission autour de monde", etc...
De plus, nous avons la chance de recevoir de formidables intervenants: Lise Bartoli, Beverley Beech, Claude DidierJean Jouveau, Catherine Dumonteil Kremer...
Et le samedi soir sera joué Naissances, une pièce de théatre inédite en France, qui met en scène 8 femmes qui racontent l'histoire de leur grossesse de façon à la fois drôle et émouvante. Cette pièce sera suivi d'un débat sur les conditions de naissance en France.

Bien entendu, j'y serais. Je fais partie de l'équipe, vous me trouverez facilement.
Je vous encourage vivement à regarder le programme. Et à nous y retrouver. Cela va être des moments formidables d'écoute et de partage...
Et surtout, n'hésitez pas à venir me faire un coucou!!

Par Claire / Jellylorum
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /2008 09:59

Hier, j'ai eu le bonheur de déjeuner avec deux femmes magnifiques. L'une d'elle a vécu un accouchement absolument atroce pour son fils. Vraiment que je crois que ça aurait pu difficilement être pire. Les actes ont été douloureux et toute l'équipe, inhumaine et irrespectueuse. Elle a été maltraitée dans son corps, dans sa chair et dans son statut d'être humain.
Mais le pire, c'est que lorsqu'elle a fait un courrier pour en parler, ce qu'elle a vécu a été nié. Non, ça ne s'est pas passé comme ça, non vous inventez... Encore une fois, elle n'a pas été considérée, et sa douleur, toujours très présente, a été jetée aux orties. Dans ces cas là, comment faire pour accepter son accouchement, pouvoir le digérer, vivre avec et transformer ce moment pour en faire une force? Comment simplement reprendre confiance?
Là en l'occurence, c'était extremement choquant, pour n'importe qui, mais je pense que quasiment toutes les femmes ont quelque chose de douloureux qui peut leur rester d'une naissance, surtout quand cette naissance semble "parfaite" pour notre entourage. Pour certaines, ce sera une épisiotomie, pour d'autre une peridurale trop dosée, avec l'impression d'être coupée en deux, pour d'autre qu'on aie habillé très vite leur bébé, avec l'impression qu'on leur présente un autre être et pas le petit nu et chaud qui vient de sortir d'elles...
Comment notre entourage, personnel et médical, reçoit ces moments qui restent en nous comme une plaie béante? Nous propose-t-on une écoute, nous sentons nous le droit d'en parler sans casser les pieds aux autres, alors que notre accouchement s'est siiiiiiiiiiiiiiii bien passé ?
Puisque nous allons bien, que notre enfant va bien, de quel droit nous plaignons nous ?? Ca aurait pu être tellement pire... Alors, on se tait, puisqu'on ne nous donne pas le droit d'avoir mal à notre accouchement. Pas le droit de dire combien on s'est sentie humiliée, infantilisée devant ces gens qui nous disaient qu'on ne savait pas pousser, alors qu'on était nue, jambes ouvertes, offertes à la vue de n'importe qui... Pas le droit de dire comme on s'est sentie petite fille lorsqu'on nous traitait de douillette... Pas le droit de dire que c'était horrible que cette peri n'est pas fonctionnée comme on nous l'avait promis... Pas le droit de dire comme on se sent faible d'avoir accepté la peri...
On ne dit rien... Parfois, on ose pas avoir un autre bébé. Trop peur que ça recommence...
Ou un jour, on attend un autre bébé. Et ces douleurs qu'on pensait loin nous sautent au visage... Et on a peur, et on a mal...
Parce que la douleur ne se quantifie pas... On a beau nous dire que ça s'est bien passé, nous, nous avons eu ce moment ou,non, ce n'etait pas du bonheur. Et savoir que d'autre ont eu "plus" mal, ça n'y change rien. Car la vraie douleur pour moi, c'est celle que JE ressens, pas celle des autres. Et mon échelle de douleur psychologique et physique n'appartient qu'à moi.
Laissez nous dire ou et quand nous avons souffert. Etre entendues, comprises et acceptées, c'est ce dont les femmes ont besoin. La naissance nous transforme en mère définitivement, c'est un passage initiatique, et garder des cicatrices non refermées, c'est atroce.
Parfois, ça semble sans importance. Et pourtant, ce petit rien, pour CETTE femme, c'est une blessure. Et même dans les accouchements idylliques.
Pour la naissance de Noa, ma douleur, encore béante, ça a été les heures ou on me l'a pris pour le mettre sous lampe à cause d'un minuscule ictère. Il était seul dans cette boite en plexi, avec une alarme déreglée qui sonnait sans arrêt. Et moi je me faisais engueuler par les aides soignantes parce que je venais sans arrêt le voir (comme si j'avais mieux à faire qu'être pres de mon bébé). A present, Noa et moi avons un probleme de séparation. Pourtant, ça n'a duré que quelques heures, on m'a trouvée bien chochotte de faire un tel patacaisse de tout ça. D'autres l'ont très bien vécu, je le conçois. Pas moi.
Pour Tomy, naissance merveilleuse à la maison, ça a été de le laisser quelques instants entre mes jambes (j'ai accouché à 4 pattes), sans personnes qui le prenne ou le touche, car j'avais peur de l'ecraser. J'ai eu la sensation de l'abandonner en le laissant ailleurs que dans mes bras juste après sa sortie. Ca semble n'être rien. Et pourtant, poru moi, ça fait mal. Et quand on me dit que lui ne l'a surement pas mal vécu, que je lui ai offert une naissance en douceur, je ne me sens pas entendue dans ma peine. 
Chacune sa douleur, ce qui compte, c'est qu'on laisse les femmes la dire, en acceptant que pour elles, c'est une plaie, une souffrance...

Par Claire / Jellylorum
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /2008 16:17

 



Parfois, je me demande si je suis à ma place. Est-ce que le soutien que je tente d'apporter aux parents accompagnés leur convient? Est ce que je suis dans le juste ou complètement à coté de la plaque? Est ce qu'être doula est ma place?
Chaque fois, chaque nouvel accompagnement, chaque rendez vous, je me remets en question. Aurais-je du dire ceci, aurais-je du taire cela... Quel est le bénéfice pour ces mères, ces pères en face de moi....
C'est si difficile quand on travaille dans l'humain, dans le soutien émotionnel de savoir si on fait comme il faut pour CES  personnes là,  que souvent je me sens perdue. Pas lors des rendez vous, mais seule, après. Et souvent, la remise en question vient après une naissance. Surtout quand elle ne s'est pas déroulée comme la famille l'aurait souhaitée. Jamais je ne me pose la question de savoir ce que moi j'aurais choisi ou fait en tant que mère, car ce n'est pas mon histoire et je sais que leurs décisions de parents sont justes et bonnes pour eux. J'ai toujours toute confiance dans ces parents accompagnés. C'est parfois en moi que je manque de confiance, j'ai si peur de mal faire. 
La grossesse, la naissance, ce sont des moments intimes, initiatiques et uniques. On ne peut pas faire un retour rapide pour recommencer, la rencontre avec son enfant, la vraie, elle n'a lieu qu'une fois. Alors, je n'ai pas le droit à l'erreur dans le soutien que je tente d'apporter.
Et la place que je prends, ou plutôt, celle qu'on m'accorde lors des accouchements est décisive. Si l'équipe médicale m'est hostile, n'est ce pas préférable que je me retire, de manière à éviter aux parents le climat de stress ? 
En même temps, pourquoi devrait-on se trouver dans cette tension nerveuse? Je ne suis pas là pour prendre la place des merveilleuses sages femmes, elles font un travail extraordinaire, dans un contexte souvent très difficile, avec des conditions de travail exténuantes. Le but, c'est toujours de travailler ensembles, main dans la main pour ce couple qui va rencontrer son enfant et devenir une famille. Alors, comment trouver sa place quand on ne souhaite pas nous la donner, quand ceux avec qui on devrait oeuvrer ne veulent pas de nous ? 
Bien sur, ce n'est pas toujours le cas, parfois, des équipes nous sont favorables, comprenant que nous ne sommes pas en compétition mais bien en complémentarité. Mais même à ce moment, est ce que je fais bien? Mes gestes sont-ils justes ? Le père est-il satisfait de ce que je tente de lui transmettre pour qu’il soutienne sa femme ? Est-ce que j’arrive à aider ces parents à se sentir acteurs de cette naissance ?
Souvent, je demande aux parents leurs impressions, mais j’ai parfois la sensation que me dire les points négatifs leur est difficile. Alors, parents accompagnés, si vous me lisez, n’hésitez jamais car vos critiques nous permettent d’avancer dans notre pratique…
Aujourd’hui était une journée de questionnement. Parfois cela fait du bien, ça me permet aussi de dresser un bilan de mon chemin de doula, qui est aussi un chemin de vie. Une doula, c’est aussi ça je pense : se remettre sans cesse en question et ne jamais tenir sa place pour acquise. Je ne sais pas combien de temps je continuerais à être doula. Mais le jour ou je ne me poserais plus aucune question, je crois que j’arrêterais car j’aurais perdu l’étincelle, la passion et l’amour de ce métier. Le jour ou je ne me demanderais plus si je suis une bonne doula, c'est que je ne serais plus doula...
Par Claire / Jellylorum
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /2008 11:13

L'association Doulas de France a lancé depuis plusieurs mois déjà un cursus de base de formation, en cours d'étude par plusieurs institutions (politique, ministère...) en vue de la reconnaissance de la formation et de la profession de doula.
C'est la demande des sages-femmes, des institutions pour que les doulas puissent exercer dans le cadre de l'accompagnement à la personne (et non dans un cadre médical ou para-médical) et avoir un statut. 
Jusqu'à présent, aucun organisme de formation ne proposait le cursus complet, tel que proposé par DDF.
MAis des membres de Doulas de France ont décidé de créer l'institut Doulas de France, qui permet de valider soit tout le cursus, soit certains modules, avec un programme conforme à ce qui était demandé.
L'institut vient d'ouvrir, je vous laisse découvrir comme il est beauuuuuuuuuu!!! http://www.formationdoulas.fr/
Il est indépendant de DDF, même si les membres font partis des deux (sachant que les doulas les plus expérimentées sont quasi toutes dans la coprésidence de DDF, il était logique de les retrouver formatrices).
Voici le mot de la page d'accueil:

Bienvenue !

L'Institut de Formation a été créé en premier lieu pour répondre à une demande croissante de la part de femmes souhaitant devenir doulas dans le cadre de la philosophie de
l'association Doulas de France, et également pour garantir aux diverses institutions et aux pouvoirs publics une formation professionnelle qui inscrit l'accompagnement non médical à la naissance dans le cadre légal français et dans le respect du suivi médical choisi par les parents.

Notre équipe de formatrices, toutes doulas en exercice, vous propose des formations spécifiques dans les domaines de l'accompagnement non médical à la naissance, la périnatalité, la parentalité, la féminité...

Ces formations s'adressent :
- Aux particuliers désirant inscrire leur activité d'accompagnement dans une démarche professionnelle, reconnue et s'inscrivant dans un cadre légal.
- Aux professionnels de la petite enfance, de la périnatalité ou de l'encadrement social ou associatif désirant parfaire leur formation par des ateliers spécifiques (travailleurs sociaux, aides puéricultrices, assistantes maternelles...).
- Aux collectivités municipales, régionales, accueillant un public concerné par notre action (femmes, couples, parents...)

Nous vous proposons :
-
Une formation doula "complète", comprenant six semaines de stage, à Paris, menant à l'obtention du certificat de Doula de l'Institut.
-
Des formations doula "par modules" spécifiques, dans les domaines de la relation d'aide, l'accompagnement des parents autour de la naissance, l'allaitement, etc... complétant des formations déjà effectuées par ailleurs. Ces modules peuvent être proposés partout en France sous réserve d'un nombre suffisant d'inscrits.



Bravo à toute l'équipe qui a fait un travail de titan formidable! Et longue vie à l'institut de formation Doulas de France. 
Pour des infos sur les doulas, n'oubliez pas de visiter le site www.doulas.info

PS: Marine, tu te vois sur le site de l'institut ?:)

 

Par Claire / Jellylorum
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /2007 12:03

 

J'ai très envie de mettre ici le magnfiique texte de Charlotte (reine doula) en réponse aux attaques des professionnels du médical. Il est si beau et si plein de sens... On peut le lire ici, sur le site des doulas bien sur.
Au passage, les journées des doulas 2008 auront lieu les 30,31 mai et 1 juin 2008 à la Résidence internationale de Paris, alors, réservez les dates! 

Les doulas: l'arbre qui cache la forêt.

Comment quelques femmes en France qui réinventent une façon de soutenir les femmes, les hommes autour de la naissance, en créant en France les doulas, qui existent dans beaucoup de pays (et non pas seulement une « mode » venue des Etats-Unis »), comment font-elles pour susciter autant de réactions des Conseils médicaux, lorsque justement leur fonction n'arrive qu'en complément du médical ? Comment ont-elles réussi à faire parler du manque de sage-femme bien plus que dans les dernières années, par leur seule existence ?

Les femmes ont toujours accompagné les femmes. Les femmes se réunissaient, échangeaient des conseils, se passaient les recettes de grands-mères en petites filles, dans une solidarité, une sororité évidente.
Aujourd'hui, cela n'est plus toujours le cas. De nombreuses femmes témoignent de ce manque de transmission, d'un vide immense.
D'autre part la fonction de mère, cette image presque sacrée d'amour infini et inconditionel, a écopé en plus de ces attentes, de nouvelles responsabilités. La mère est responsable du bien-être physique de ses enfants, médical, mais aussi psychologique. Les articles se succèdent proposant des chemins différents mais tous affirmés comme étant indispensables à l'équilibre de l'enfant et de l'adulte qu'il deviendra. Allaitement ou biberon, sommeil, alimentation, les injonctions viennent de partout, pédopsychiatres, pédiatres, sages-femmes, journalistes, auteurs...
La place du père est aussi devenue la responsabilité de la mère. Quelle mère n'a pas entendu qu'elle ne laissait pas sa place au père, qu'il faut le laisser faire à sa façon, penser à retrouver sa vie de femme... Et c'est encore à elle que revient la réussite ou l'échec.
Le père lui a la responsabilité de protection, mais aussi d'être un nouveau père, de changer les couches, d'être là à l'accouchement avec si souvent comme seul outil... un brumisateur. Quel est son vécu, à cet homme, face à la femme qu'il aime traversant ce passage, face à la naissance de son enfant ?

La grossesse est médicalisée, suivie par différents professionnels parlant un langage rarement accessible. On informe les femmes des tailles et positions de leur col de l'utérus, quand bien souvent elles ne savent pas à quoi cela correspond. L'accouchement est une routine bien réglée, et l'on entend « ne vous inquiétez pas nous savons ce que nous faisons ». Bien sûr, et heureusement !
Mais pour cette femme, cet homme, c'est la naissance de leur enfant, un moment unique, fondateur dans leur vie. Et nombreux sont ceux qui témoignent s'être sentis « dépossédés », volés de cet instant, voire traumatisés.
Le suivi après l'accouchement est quasiment inexistant. Trois à cinq jours à la maternité, avec des conseils à nouveau contradictoires selon l'équipe, et retour à la maison. Et là, qui appeler ? Qui viendra prendre soin, transmettre à la jeune mère ? Pour celles qui reçoivent de leur famille, de leurs amis, c'est merveilleux, mais pour les autres&nsp;?

Ceci n'est pas une accusation des pratiques médicales. C'est un constat, issu de la parole des parents. Les sages-femmes font un travail remarquable dans des conditions parfois épouvantables. Avec amour et attention, elles prennent soin de cette femme, qu'elles ne connaissent pas, le jour de la naissance de son enfant. Elles prennent soin parfois de 5 femmes en même temps. Sans avoir les moyens de connaître l'histoire de ce couple, de cette grossesse, de cette famille. Elles ont le savoir médical qui permet d'accoucher en sécurité, et c'est ce qui permet de pouvoir aujourd'hui se poser la question du bien-être psychologique. Elles ont aussi le savoir humain. Les obstériciens sont compétents, savent faire les gestes indispensables. Les équipes de puéricultrices, d'aides soignantes souhaitent aider les femmes.
Mais quand il n'y a pas de politique commune au sein d'un hôpital, chacune amène son savoir, à sa façon. Sans souvent se rendre compte que ces informations contradictoires sont extrèmement difficiles à gérer pour les jeunes parents.
Les PMI aimeraient prendre le relai. Cependant l'information ne passe pas si facilement entre le lieu de naissance et le lieu de résidence. Les moyens sont limités et, comme c'est logique, ils sont attribués en priorités aux familles en difficultés. Pourtant, les difficultés sont parfois muettes, difficiles à voir, et les chiffres de la dépression post natales sont très élevés.

Les parents aujourd'hui demandent un autre écoute. Les parents aujourd'hui expriment une demande, expriment leurs blessures, expriment qu'ils ont besoin d'une autre forme de soutien.
Les parents savent que cela n'enlèvent en rien ce qu'ils reçoivent par ailleurs, comme ils en témoignent. Ce n'est pas parce que notre soeur nous écoute, que nous n'avons pas besoin que notre mère en fasse autant. Même si la sage-femme qui suit ce couple est disponible, accueillante, à l'écoute, qu'elle a les moyens d'exercer pleinement son savoir et son humanité, les parents font parfois la demande d'une doula. Certaines sages-femmes sont aussi heureuses d'avoir une passeuse de relai en la personne de la doula. Cette femme qui connait l'histoire du couple peut la transmettre à la sage-femme, ce qui lui permet de travailler d'une bien meilleure façon.

La question est sans doute : quelle est cette société où nous avons besoin de doula ?
Pour que des femmes soient disponibles pour venir écouter les futurs parents, il faut lui en donner les moyens, et cela passe par une rémunération.
Pourtant nous rémunérons des nourrices, assistantes maternelles pour prendre soin de nos enfants. Ont-elles des formations poussées pour cela ? Pourtant c'est souvent la personne qui va nous donner des pistes pour mieux comprendre nos enfants, avec son expérience d'avoir vu grandir de nombreux enfants, avec tous les échanges qu'elle a eu avec les parents. Oui, dans notre société, nous ne pouvons plus compter sur le cercle familial pour s'occuper des petits lorsque les parents travaillent. Et la fonction de nourrice s'est professionalisée.

Alors oui, aujourd'hui, la femme qui écoute la femme pendant la grossesse, qui écoute l'homme, qui peut transmettre l'expérience d'autres femmes, qui peut faire le relai avec les équipes dans les histoires difficiles, c'est une doula. Et elle se professionnalise, se dote d'une charte, et fait tout son possible pour mettre ses forces au service de la profession de sage-femme. Nous envoyons les couples vers les sages-femmes, rétablissons des dialogues qui parfois étaient fermés. Nous écoutons la colère, et aidons à la transformer en quelque chose de positif. Nous sommes aux cotés de la femme, pour transmettre les expériences d'autres femmes. Nous prenons le téléphone pour appeler nos réseaux lorsque cet accompagnement sort de nos compétences. Parce qu'une femme en dépression n'est pas forcément capable d'appeler plusieurs services et raconter son histoire pour trouver le psychologue ou psychiatre qui pourra la prendre en charge. Parceq u'une jeune femme isolée qui vient d'accoucher a parfois une peur panique des services sociaux qui pourtant pourraient l'aider. Alors nous tissons des liens, nous écoutons, nous transmettons, nous sommes là pour ça. Pour les parents qui le demandent, pour ceux qui n'ont pas ce soutien dans leur cercle.
Nous sommes là pour accompagner des femmes qui ne parlent pas français et faire le lien entre des professionnels et ces femmes. Ou des femmes malentendantes. Nous sommes là pour les femmes seules aussi. Nous sommes là car ces femmes, ces hommes nous en font la demande.

Et si demain cette demande n'existaient plus, quel bonheur ! Si demain les voisines prenaient le temps d'écouter cette femme qui pleure le soir avec son nourrisson en remontant ses packs d'eau. Si des groupes de parents se créaient dans tous les quartiers. Si les sages-femmes avaient le temps de faire leur travail pleinement, en expliquant les termes non compris, en écoutant les demandes spécifiques des couples, en étant une personne de référence tout au long de la grossesse. Si les PMI avaient les moyens de venir voir les jeunes parents à leur domicile pour prendre le temps d'écouter toutes les questions dites « idiotes » qu'ils se posent.

Si demain nous n'avions plus besoin de doula, c'est que la société aurait changé et ce serait la plus belle récompense.
En attendant, nous entendons ces témoignages de difficultés autour de l'attente d'un enfant. Professionnels, et surtout parents. Et les doulas ne viennent et n'ont une légitimité que par la demande des parents.

Nous créons notre emploi, c'est un service à la personne. Comme nous avons besoin de personnes pour nous aider à nettoyer notre maison, à s'occuper de nos enfants, à les aider dans leur programme scolaire (être étudiant donne-t-il une légitimité pour s'occuper d'écoliers ?), à nous couper les cheveux, nous avons besoin de femmes pour nous écouter et prendre le temps de nous aider à faire le tri dans les conseils multiples.

Si au lieu de polémiquer, nous prenions le temps d'entendre ces demandes, ces témoignages, ces détresses parfois ?
Si les conseils de l'ordre acceptaient de nous rencontrer plutôt que de nous diaboliser, acceptaient de voir nos efforts pour développer une formation, basée sur une éthique et une charte ? S'ils écoutaient les sages-femmes, médecins, auxiliaires de puériculture, etc... qui chaque jour témoignent positivement de leur collaboration avec une doula ?

Peut-être alors découvrirait-on que ceux qui ont des demandes sont les parents, que la solidarité entre femmes n'est pas une antiquité mais une nécessité réelle, et que c'est ensemble que nous souhaitons avancer.

Charlotte Marchandise Fajardo
Octobre 2007

 

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