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Témoignages sur le Deuil Périnatal

Dimanche 5 avril 2009


Le temps m'a manqué pour continuer les témoignages sur le deuil périnatal, mais j'en ai malheureusement encore beaucoup à vous faire partager.
Aujourd'hui, c'est Anne Laure qui vous livre son histoire. Après la fausse couche qu'elle raconte ici, elle a eu beaucoup de mal à tomber à nouveau enceinte. Mais je suis très heureuse de vous annoncer qu'après bien des souffrances, elle attend un petit bébé pour la fin de l'année.


Une petite perte de sang en milieu de cycle, des seins soudains énooormes et des envies pressantes de faire pipi toutes les 5 minutes… Nous avons su très tôt que tu venais de te faire une place dans mon ventre. A la confirmation apportée par le test urinaire et la prise de sang, nous étions comme dans un rêve, nous ne touchions plus terre. Nous nous sommes précipités vers le téléphone pour l’annoncer à nos parents qui eux aussi attendaient cette heureuse nouvelle depuis longtemps.


J’avais passé des mois à lire, me documenter mais tout d’un coup je ne me projetais plus dans l’après-naissance : je ne sentais déjà tellement comblée, tellement bien. Je n’avais plus besoin de rêver : tu étais là. Mon mari aussi était heureux : un énorme bouquet de roses livré un matin, un power point sur notre vie de couple et son merveilleux accomplissement : autant de petites attentions pour me redire son amour.

Quelques jours ont passé. Un premier incident est arrivé : une agression dans la rue qui m’a laissé tremblante, traumatisé ; un passage aux urgences devant des premières pertes de sang, un interne qui ne voyait pas de bébé à l’écho. Puis les mots rassurants de la sage-femme et de ma maman : fais-toi confiance, écoute ton corps. Je continuais à me ruer sur la viande rouge et le jus d’orange et à courir faire pipi toutes les 5 minutes. Tu étais toujours bien là.
7 semaines : l’écho de datation. Nous te découvrons petite noisette dont le cœur bât bien. C’est la joie la plus totale.

Période de vacances : longue ballade en vélo et soudain de nouveaux des saignements. Crainte immense, culpabilité qui jamais ne s’en ira : et si j’étais restée tranquille au lieu de continuer à courir, nager, serais-tu encore là ?
J’ai mal au ventre mais les saignements s’estompent. On essaie de me rassurer : ça arrive de saigner en début de grossesse… Mais moi je sais, ce n’est plus comme avant : pourquoi personne ne veut-il me croire, m’entendre ? C’est moi qui te porte, je sais que tu n’es déjà plus en vie…

Nouveau déplacement aux urgences. J’en suis à 10 semaines pile. Ton rassurant de l’interne. Puis écho : je ne comprends pas l’image, rien ne bouge, où es-tu ? Le visage du jeune interne se décompose, sa voix s’étrangle (j’apprends par la suite que c’est la première fois qu’il doit annoncer une telle nouvelle). Il fait venir l’obstétricien de garde : « il n’y a plus d’activité cardiaque chez le fœtus. Quand voulez vous que nous programmions le curetage Madame ? » Le fœtus ? Il parle de mon enfant ! L’activité cardiaque ? De son cœur qui battait encore 3 semaines auparavant. Je suis en larmes, choquée, mon mari aussi. L’interne essuie ses yeux du revers de sa manche. Il a le cœur tendre. Je refuse le curetage, demande un protocole médicamenteux. L’obstétricien insiste, parle d’hémorragie, de douleurs, de prise de risque. Moi je ne pense qu’à lui que je veux accompagner jusqu’au bout. Il ne partira pas comme ça. Je le refuse.

Nous rentrons chez nous.

On est à la veille du 15 août, le protocole médicamenteux n'a été prévu que 3 jours après. Ma maman, ma belle-mère s’inquiètent de mon choix, craignent les conséquences.

Je suis épuisée : je les écoute et prend rdv pour le curetage. Je vis mal le fait de te savoir mort en moi et pourtant je redoute cette anesthésie ; me réveiller sans toi sans avoir eu la fin de l’histoire.

Et puis la nature en a voulu autrement. Mon corps a écouté mon cœur.

Je suis réveillée en pleine nuit 2 jours avant le curetage. La douleur était soudaine. Je perds une quantité de sang très importante. Mon mari est près de moi. Je sens son regard inquiet, désemparée. Ma maman aussi est là car on est en vacances chez mes parents. L'hôpital est à plus de 40 minutes de la maison. On choisit de rester. Une contraction est plus forte qu'une autre. Il y a quelque chose dans le papier quand je me suis essuyée. Ma maman me conseille de ne pas trop regarder. J'ai vu quand même. C'est violent mais je sais maintenant que cette violence était nécessaire. Puis la douleur s’arrête et les pertes de sang s’atténuent en quelques minutes. Cela ressemble juste à des règles.

Je ne suis pas sûre sur le moment que c'est fini. Le lendemain matin maman me dit qu'elle a enterré dans le jardin ce petit ange. Je réalise que tu es parti. Je l'a remercie de ce geste car sur l'instant j’avais trop mal pour penser mais maintenant cela me rassure de me dire que tu n’as pas fini son chemin de vie dans les toilettes.

Puis le lundi on se rend à l'hôpital pour le curetage. Je suis à jeun et j'ai pris une douche en me lavant à la bétadine rouge. J’ai peur. J'explique à l'interne ce qui s’est passé et il fait une écho avant l'intervention. A l'image, il n'y a plus rien, que de la muqueuse utérine épaissie. Il me félicite comme si je venais de passer un examen scolaire et me donne deux comprimés pour évacuer le reste.

On rentre chez nous. Je prends les cachets. La douleur est bien pire que l’expulsion naturelle. Je n’arrive pas à monter les escaliers qui me mènent à ma chambre. Mon mari doit me porter. Cela a duré 4 heures.

Le soir c'était fini. Je n'avais plus mal.

Seul mon cœur continuait de saigner.

Il saigne toujours.

C'était en août 2007. Tu t'appelles Gaël/le. Tu t'appelleras toujours comme ça.

 

Anne-Laure

Par Claire / Jellylorum
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Dimanche 15 mars 2009


Certaines femmes ont semblé choquées que dans les témoignages sur le deuil périnatal, il y ai une majorité qui parlent de fausses couches, qu'il y ai aussi des IMG, car pour elles, le vrai deuil périnatal commence à partir du 2ème trimestre de la grossesse.
Je suis désolée, si j'en ai peiné certaines, ce n'est absolument pas le but de cette rubrique, bien au contraire. Mais je mets les témoignages au fur et à mesure qu'ils arrivent, en laissant à chaque femme l'espace pour exprimer sa peine. A nouveau, je ne me suis pas sentie entendu dans ma peine de mère, qui pleure encore des années après ses bébés partis, et pas reconnue dans mon deuil puisque ce terme me semble refusé.
Je sais que ces commentaires exprimaient une grande souffrance, je ne les ai donc pas effacés, je les accepte, mais après réflexion, j'ai décidé de continuer à laisser cet espace aux femmes qui le souhaitent.
Aujourd'hui, voici le témoignage de Corinne, qui a perdu son petit Audric en fin de grossesse.
Sur son blog, elle propose aux parents qui souffrent comme elle, de leur faire un faire part pour leurs petits anges: http://petitcoinpournosanges.blogspot.com/

Pour toi mon Audric, on ne t'oubliera jamais !!!


Je suis tombée enceinte le 27 mars 2008 : une grande joie pour mon mari et moi . On allait avoir un beau bébé pour Noël, quel beau cadeau !!!

 Une grossesse sans problème, jamais eu de nausée pendant les 3 premiers mois, toujours en superbe forme.D'ailleurs tout le monde autour de moi était étonné, moi je trouvais celà normal, je me disais que mon corps acceptait super bien cette grossesse.


Début novembre, je commençais à moins sentir bouger Audric, tout le monde me disais c'est normal, il prend plus de place... on est quand même décendu à l'hôpital pour un controle monitoring et la on entend le coeur et aussi une écho, on le voit bouger donc pour nous il bouge moins, c'est normal, on fait avec pour le mois et demi qu'il reste.


Une semaine plus tard,le mercredi 12 novembre 2008, visite normale avec ma sage-femme (normalement la dernière) et là, quand elle essaye d'entendre les battements, rien. Elle me dit qu'on va faire une écho pour voir mais inconciement je pense que je savais déjà qu'il n'était plus là. On s'était encore amusé avec lui la veille et surement dans la nuit, son coeur s'est arrêté, bizarement aussi, j'ai dormi sans me réveiller cette nuit là. Confirmation donc de la sage-femme que notre petit Audric n'était plus. IL s'en est suivi une dure après-midi de pleurs, de prise de sang, d'analyse, d'informations sur les jours suivants avec l'accouchement, oui ou non pour l'autopsie, l'incinération,... Beaucoup d'information pour un moment pareil que l'on ne voudrait pas entendre et pourtant...
Dans ce grand malheur, j'ai quand même de la chance d'être avec mon mari, s'est là qu'on se rend compte si le couple est fort ou non et dans notre cas, celà fait beaucoup pour continuer à vivre, aller de l'avant !!!
On a été aussi pris en charge par une équipe de sage-femme et une gynéco vraiment compétente et compréhensive.
Les 2 jours suivants ont été très dur (on m'avait donné des médicamants pour déclencher l'accouchement le plus naturel possible mais il fallait attendre) : avoir encore mon ventre et savoir qu'il n'y avait plus de vie dedans... je ne voulais pas sortir et ma maison me semblait une prison.


Le vendredi soir, les premières contractions arrivent (là je me dis, ouf, je vais accoucher, une autre étape dans ce deuil pour continuer à avancer, et je suis aussi contente car la gynéco m'avait dit que les médicamants pouvaient marcher ou non et dans le cas du non, il fallait attendre jusqu'à lundi !!!), j'en parle avec mon mari et nous allons à l'hôpital vers 21.00 .

Là encore, je remercie la sage-femme qui m'a pris en charge (à chaque fois que j'y suis allée pour les médicamants et pour mon accouchement, elles étaient toutes prévenues, je n'avais pas besoin de redire mon histoire et celà fait vraiment beaucoup) : elle a tout fait pour que ce moments très dur à vivre se passe bien, pose de morphine quand la douleur devenait trop forte et péridurale quand le col était à 7 cm.(j'avais aussi fait 2 cours de préparations avec sophrologie et je dois dire que celà aussi m'a beaucoup aidée).


Notre petit Audric est arrivé à 5h25 le samedi matin, je l'ai pris dans mes bras, qu'il était beau avec ses 1kgs850, dans son pyjama jaune et son petit bonnet, un moment dur aussi à vivre car on sait qu'il ne bouge pas, qu'on ne l'entendra pas pleurer mais en même temps cruciale pour continuer d'avancer, le fait d'avoir dans notre mémoire cette photo de mon premier enfant.(des photos ont aussi été faite par la sage-femme et là aussi, très important pour moi et aussi pour tout ceux qui ont partagé les 8 mois de ma grossesse et qui n'ont pas pu le voir ; le faire part de décès aussi avec les empreintes de pied et de main).


Avec le recul, pour moi, l'accouchement n'a pas été le plus dur, je l'ai vécu plus comme un soulagement d'avoir pu le voir, de le laissé partir dans le paradis des anges. C'est du moins ce que je me dis pour pourvoir continuer à vivre.


Le plus dur moment dans le cheminement du deuil fu l'incinération : aucun parents n'est prêt pour voir le petit cerceuil, pour lui dire "au revoir" une dernière fois et pourtant, la aussi, je trouve qu'il m'a fallu ce cheminement pour continuer à avancer.
Aujourd'hui, je suis plus sereine car je sais que je n'ai aucun regret dans tout les choix que l'on a fait.

 

Il ne se passe pas un jour sans que je pense à mon petit ange, par moment je pleurs et cela fait beaucoup de bien.

 


Jai écris ce témoignage 15 jours après mon accouchement.

 

Maintenant, avec le recul,(bientôt 4 mois) j'ai appris à vivre avec la perte de mon fils, qui sera toujours mon premier enfant même si pour beucoup, il n'a pas vécu dans ce monde mais pour moi, il a vécu dans mon ventre et beaucoup de personnes ont du mal à comprendre cette douleur et pourquoi on ne s'en remet pas.

Beaucoup m'on dit mais tu es jeune (j'ai 33 ans) tu en referas... peut-être mais ce sera mon deuxième ou ma deuxième et j'aurais toujours ce vide. Quel peur aussi pour une nouvelle grossesse qui malheureusement ne sera plus comme la première, une mort in utéro nous fait perdre cette innocence que j'avais pour ma première grossesse. Celà nous fait aussi comprendre la valeur d'une vie et sa fragilité.

 

Merci pour ce blog qui nous permet de témoigner de ce que l'on a perdu car c'est important pour nous : je me concidère comme une maman et pourtant aux yeux des autres, je ne le suis pas et celà est le plus dur pour moi à vivre.

 

Corinne mamange de son bel Audric

Par Claire / Jellylorum
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Lundi 2 mars 2009



Merci à toutes celles qui continuent à m'envoyer leurs témoignages. Ne vous étonnez pas de ne pas voir le vôtre apparaitre de suite, n'en mettant en ligne qu'un par semaine, cela peut prendre un peu de temps, mais je diffuserais la parole de chacune, c'est très important.
Aujourd'hui, voici une parole sur la durée.
Parfois, le sort s'acharne... L'envie de bébé est là, depuis longtemps, mais la vie nous pousse ailleurs...
C'est le cas de Blandine, qui nous livre ici un boulversant témoignage sur plusieurs années...
Aujourd'hui, elle est maman de deux magnifiques petites filles. Mais ses autres bébés sont malgré tout toujours présents dans son coeur de maman...

Premier +. 20 ans, un oubli avec un amant de passage déjà envolé, une meilleure amie qui ne la croit pas, le doute, mais l’envie. Jeune, oui, mais sûre du choix, même seule. 3 jours après, le choix s’est imposé de lui-même, après de violentes douleurs… Un secret bien gardé, un malaise caché dans un coin du cœur, le côté où on range ce que l’on tait à soi-même.

L’envie, viscérale, est restée.

Second +. 22 ans du matin, un soir d’Amour, avec l’homme qui partage sa vie depuis plus d’an. Tout est prévu, bébé arrivera après l’été, après les examens, belle façon de commencer sa vie d’adulte. La joie, le bonheur. Bébé est là, désiré, c’est une délicieuse peur, une belle inconnue… Finir ses études avec un ventre rond est enthousiasmant, ne l’inquiète pas le moins du monde… Elle a confiance en elle, en ses capacités. L’annonce aux parents, maladroite, ils croient que c’est un accident.

L’incompréhension. Parents protecteurs qui ont peur pour leur progéniture qui a grandit trop vite. Elle n’arrive pas à exprimer son envie, son désir. Elle se laisse envahir par l’incertitude et les conseils atroces qui suivent. « Ça se fait tous les jours, c’est rien ». Ne pas garder son bébé n’avait jamais été une option mais cela est devenu un ordre auquel elle se plie, en bonne petite fille bien sage. Entre les pleurs, le soutien sans faille de son amoureux, elle rencontre des gens qui font tout pour la dissuader du choix qu’elle n’a pas fait. Pourquoi ne se bat-elle pas ? Pourquoi se laisse-t-elle faire ? Allez savoir, parfois l’influence de certaines personnes est plus fort que sa propre volonté.

Visite chez le gynécologue. Première échographie. Le cœur ne bat pas. Bébé s’en est allé tout seul… Elle sait que si elle avait entendu son cœur, un seul battement, elle n’aurait rien fait. Elle n’aurait jamais pu. Mais maintenant la tristesse l’envahit. Quelque part, elle l’a fait partir. Elle veut en finir vite, oublier, passer à autre chose. Un rendez-vous à l’hôpital où elle est traitée comme une adolescente irresponsable. L’anesthésiste se moque d’elle. On ne fait pas attention à sa souffrance, elle est « la quatrième IVG », V pour volontaire. Quelle ironie, elle qui n’a jamais imposé sa volonté.

L’après. L’envie est toujours là. Déchirante. Le Grand Amour a pris un coup, mais s’en remet, doucement. Ils n’en parlent pas, peu. Chacun souffre dans son coin. Lui n’a pas compris comment il s’est laissé entraîné dans la décision des parents. Elle regrette de n’avoir jamais dit à quel point ce bébé était désiré et déjà aimé. Mais déjà le sujet est tabou. Alors il rejoint ce coin du cœur, le côté où l’on range ce que l’on tait à soi-même.


Troisième +. Dix mois après. 22 ans du soir. Un soir d’Amour, le même homme qui est sans conteste l’Homme de sa Vie. On se le dit doucement, tendrement. Personne n’est dans la confidence. Petit à petit, quelques proches sont mis au courant. Mais pas les parents, non, elle a bien trop peur de revivre ce cauchemar. Les choses sont compliquées car ils habitent temporairement chez eux. Mais 3 mois passent, et la semaine prochaine, l’annonce sera faite en grand. Plus de maladresse, une affirmation cette fois. Le choix est fait. Et puis…

Du sang. Douleur, elle ne le saura que l’année d’après, mais ce sont des contractions. Elle perd le bébé. Elle se tord, mais elle souffre seule. Elle ne dit rien. Elle va se coucher. Le lendemain son amoureux l’emmène à l’hôpital, on lui annonce qu’on ne voit rien. Un œuf clair apparemment. Pas de bébé, un fantôme. Elle qui lui parlait depuis 3 mois. Comment-est-ce possible ? Elle le sentait vivant, elle y croyait. Avait-elle tout inventé ? On lui propose une IMG. Pas question. Elle veut laisser faire. Réfugiée chez sa meilleure amie, la poche ses eaux se rompt, sans prévenir. Du sang, encore du sang. Et puis un paquet plus gros, peut-être le placenta, peut-être le fameux œuf clair, le tout s’enfuit d’elle, comme cette grossesse si désirée mais non avouée.

Et comme les autres, ce souvenir, cette douleur ira dans un coin du cœur, le côté où l’on range ce que l’on tait à soi-même.

Blandine

Par Claire / Jellylorum
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Samedi 21 février 2009



Merci à vous toutes de lire et de témoigner sur ce sujet toujours tabou, généralement incompris que'est le deuil périnatal.
Alexandra est maman d'une adorable petite puce de 2 ans, mais avant l'arrivée de sa fille, elle a vécu une grossesse extra-utérine (GEU). Une grossesse de ce type est, d'une part, toujours vouée à la perte du bébé, l'oeuf se développant dans la trompe, et non pas dans l'utérus, mais cela peut en plus extrêmement mal se terminer physiquement pour la maman. La trompe peut éclater, on peut donc être obligée de s'en séparer, les complications peuvenet même aller jusqu'à l'hémorragie interne de la mère, voir pour certains cas, extrèmement rare (un décès par an en France, mais c'est un de trop), à sa mort.
Au delà des statistiques, il y a le grand sentiement de culpabilité qu'on retrouve dans la plupart des deuils périnatales, auquel vient s'ajouter le sentiment d'être diminuée, de ne plus être femme, si la mère a perdu une trompe.
Ce n'est pas le cas d'Alexandra, mais sa souffrance n'en est pas moins réelle et la culpabilité bien présente.
Comme souvent, sa lettre est adressée à son bébé parti trop tôt.

3 ans d'attente, 3 ans a esperer que tu viennes de facon naturelle...3 longues annees. Et puis ce jour de decembre le test fut enfin positif. Mais il y a ces saignements, legers, mais presents.

Le rendez vous a l'hopital pour un test sanguin...positif. Ton pere et moi sommes aux anges. Tu a au moins 3 semaines, on me fais une echographie mais on ne te vois pas, mais tu es encore si minuscule. Mais il y a ces legers saignements.

Un deuxieme test est prevu pour voir l'evolution des hormones...et puis le verdict tombe de la bouche d'une gyneco insensible, abrupte et glacee. Grossesse non evolutive. On me fait une ordonnance pour une IMG.

Ton pere n'est pas la, il travaille loin. Je suis choquee, je ne sais pas quoi dire, je ne dis rien, je suis automatiquement cette infirmiere qui me tend une pilule, jaune je crois, je ne sais plus. L'infirmiere est froide, dedaigneuse...c'est une IMG pas une IVG. J'ai besoin de soutien mais je ne recois rien.

On me dit de rentrer chez moi et de revenir plus tard.
Rien ne se passe, je dois retourner a l'hopital, je ne me souviens plus des delais je me sens seule, perdue, j'ai peur, j'ai mal, j'ai besoin d'aide morale mais je n'ai personne. Ils sont tous loin et j'ai besoin de bras autour de moi.

Le jour du rendez vous il a neige, les routes ne sont pas deblayees et ma voiture ne demarre pas, je suis obligee d'appeler une ambulance pour qu'on m'emmene.
J'arrive a l'hopital mais je ne me souviens plus de ce qui se passe, tout est flou, comme si mon ame ne voulais pas se souvenir.
Je me revois sur le lit d'hopital, on me tend un bassin en me disant de le mettre sous moi lorsque je ressent le besoin d'aller au toilette. J'ai mal, des crampes, je ne sais meme pas si tu vis encore ou si ton petit corps est inerte. Je demande quelque chose pour les crampes et on me repond que je ne peux rien avoir. Je me sens si seule.

Tu ne sors pas de moi, alors on me renvoie chez moi en me disant de surveiller. Tu ne sembles pas vouloir me quitter ou je ne veux pas te laisser partir. Je ne sais pas.
Ton pere doit rentrer demain. J'ai mal.

Toujours rien le jour suivant, mis a part des douleurs et des saignements. Je prend des anti douleurs mais ca ne fait rien. Il est 1 heure du matin et je suis a l'agonie. Enfin a deux heures ton pere arrive. Je lui dit de m'emmener aux urgences.

La gyneco de garde est appelee, c'est une grossesse extra uterine, tu t'es love dans ma trompe gauche. Je dois etre operee en urgence.
Il fais si froid dans cet hopital. Ton pere est mort de peur.
C'est la premiere fois que je me fais operer.

Je me reveille avec l'air de thierry la fronde dans la tete. Je ne sais pas pourquoi. On me remonte, tu es parti.

J'apprendrais plus tard que ta progression a ete stoppee par des nodules dans ma trompe dus a une infection.

Mon corps t'as tue par son imperfection.

Mes parents et ton pere souffrent, alors je ne dis rien pour ne pas les faire souffrir davantage. Des autres je ne recois aucun soutien. J'en aurais d'autres. C'etait une grossesse tres jeune.
Oui mais tu a pris tellement de temps a venir en moi. Oui mais je te voulais toi aussi.

Et puis on en parle pas, ca les derange, je le sens, ils coupent court a la conversation, changent de sujets.

Mais j'ai besoin d'en parler moi, parce que je souffre de la culpabilite de t'avoir tue, parce que je souffre que tu ne sois plus en moi, parce que je souffre de ne pas t'avoir senti grandir en moi, parce que je souffre de ne pas t'avoir vu pour te dire au revoir.
Je suis sure que tu etais un petit garcon, je le sens. Je t'aime mon bebe, je t'aimerais toujours.

Aujourd'hui ta soeur est parmis nous. Elle est arrivee deux ans apres toi, a la meme epoque, fin decembre. Elle a eu la chance de choisir l'autre trompe, mais j'ai eu la peur au ventre pendant de longues semaines, jusqu'a la premiere echographie, celle ou je l'ai vue dans mon uterus. Sa vie in utero et sa naissance m'ont apporte un bonheur incommensurable, mais ont aussi fait remonter la douleur de ne pas avoir connu ca avec toi.

Tu me manques.

Une voyante a parle a ton pere avant la venue de ta soeur. Ton grand pere est venu a elle avec deux bebes, un qui n'etais pas ne, l'autre qui etais parti...Elle ne connaissais rien de notre histoire. Tu es avec lui, la haut et je sais qu'il prend soin de toi. J'ai appris que ta soeur etait en moi 2 semaines plus tard.

Je t'aime!

Ta maman.
Alexandra

Par Claire / Jellylorum
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Samedi 14 février 2009



J'ai reçu, suite à mon propre témoignage, le mail d'Emilie, qui a subi une interruption volontaire de grossesse (IVG) il y a quelques années. Sa souffrance était boulversante. Décider d'un IVG, c'est bien souvent faire aussi un acte d'amour pour ce bébé, et c'est fait dans la douleur. Le deuil est là encore très difficile, car en plus, le regard des gens est frequemment accusateur.
Elle a accepté que jepublie son mail, en guise de témoignage. Les mots qu'elle emploie pour parler d'elle sont terribles, je lui souhaite beaucoup de courage pour se reconstruire...

Je me sens coupable d'une ivg depuis maintenant 4 ans et cela me hante tous les jours et toutes les nuits. Je suis tombée enceinte à l'âge de 17 ans, me sentant complétement paniquée, j'ai opté pour cet avortement, par peur du regard des mes parents, de mes amis, et le "papa" ne se sentait pas prêt même si nous en avons beaucoup discuté. Lui avait 18 ans, et nous étions encore que des enfants... Je ne me suis pas rendue compte de ce que je faisais, je culpabilisais et était complétement perdue.
Je suis issue d'une famille où il faut toujours paraître bien, en pleine forme et rien de travers qui pourrait obscurir l'image de famille même si je suis excessivement proche de mes parents. Je crois que j'avais aussi peur qu'ils comprennent que j'étais devenue une femme... J'ai donc subi une ivg, et aujourd'hui je rêve toutes les nuits d'une petite fille qui m'appelle pour que je vienne la chercher, je m'en veux chaque jour, j'y pense chaque jour en me levant et en me couchant... Je regrette ce que j'ai fait même si j'ai aussi pensé à cet enfant qui serait venu au monde sans même pouvoir lui offrir un avenir...
Deux jours après avoir subi cette ivg, j'ai craché le morceau à mes parents me sentant mal... Ils ont très vite compris ma douleur et m'ont dit qu'ils auraient été là et m'auraient soutenu quelle que soit ma décision. Ils m'aident tous les jours à aller mieux, surtout ma maman qui culpabilise de n'avoir rien vu.
 Ajourd'hui je suis toujours avec le "papa", et on s'engueule beaucoup par rapport à ça, je lui repproche sans arrêt, alors que cette décision à été prise à deux... Ma libido a complétement chuté, les rapports ne sont presque plus possibles, des douleurs atroces au niveau du périné, selon ma gynéco cela n'est QUE psychologique. J'essaie par tous les moyens de tourner la page et d'avancer sans oublier, mais je n'y arrive pas.
Je n'ai pas fait le deuil de cet enfant et pourtant c'est moi qui l'ait tué. Je me sens comme une criminel, je n'en parle pas à mon entourage par peur du jugement, je me vois comme une mauvaise personne. Je me permet de te raconter mon histoire car je sais que toi tu ne me jugeras pas et que tu comprendras ma douleur. Aujourd'hui si c'était à refaire je garderais mon bébé. Il me manque tellement, c'est une partie de moi, je le sentais.
J'avais des nausées tous les matins, et ce bébé m'a réconcilié avec les fruits de mer, chose que je n'arrivais pas à manger avant lui, j'avais des envies, les vrais symptomes d'une femme enceinte.
Je pense sans cesse au projet que nous avons d'avoir un bébé, un second bébé car pour moi il y a eu un premier et j'ai peur d'en vouloir à ce second...
Je suis horrible, je suis atroce mais il y a une réelle douleur en moi. Avec ton article j'ai senti que je pouvais venir t'en parler, j'ai senti comme une porte entre-ouverte, une main qui pourrait m'aider à aller mieux... Je ne souhaite pas faire part de mon témoignage sur ton blog, du moins pas avec mon pseudo, j'ai toujours peur de ce fameux jugement, car moi-même je me vois comme une criminel. Je te remercie du fond du coeur de l'aide que tu as pu me fournir rien qu'en me laissant vider mon sac... J'éspère ne pas t'avoir embêté avec mon histoire...

A très vite j'éspère...

Emilie
Par Claire / Jellylorum
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Jeudi 5 février 2009



Comme chaque semaine à présent, voici un nouveau témoignage sur la douleur du deuil périnatal.
J'en profite pour remercier les femmes qui témoignent de cette souffrance et qui m'accordent leur confiance pour relayer leur parole et inviter celles qui le souhaitent à venir témoigner à leur tour.

Christine a vécu une interruption médicale de grossesse (IMG) pour des jumeaux à 6 mois de grossesse. Voici la lettre qu'elle leur a écrit...

Mes fils, mes amours,

C'était en 2006...
Nous voulions un deuxième enfant et vous nous faisiez la surprise d'être deux...pour notre plus grand bonheur.

Vous êtes partis trop tôt, un 12 octobre, trop tôt pour que j'ai le temps de vous dire que votre papa, votre grande soeur et moi nous vous aimons. J'aurais tant aimé que vous veniez rejoindre notre petite famille dont les habitudes auraient été si joyeusement bouleversées. Mais vous ferez partie à tout jamais de nos vies et de nos coeurs.
Nous n'avons malheureusement pas eu le temps de faire connaissance, du moins, pas autant que nous l'aurions souhaité.J'espère que vous avez trouvé la haut la paix, la sérénité, l'amour...Votre absence me manque cruellement, alors quand vous me manquez trop, je vous parle ainsi qu'à ma grand mère, Marie, et à mon papa Michel, à qui je demande de veiller sur vous ...
C'est très curieux, je leur demande de veiller sur vous et au fond de mon coeur, je sens que c'est vous qui veillez sur nous, votre papa, votre grande soeur et moi. Le souvenir de votre visage, de votre odeur, de vos mouvements in utéro me poussent en avant et quand je me sens trop seule, je prends dans mes mains la médaille avec ses deux coeurs que je me suis achetée en pensant à vous.

Cela fait 2 ans que vous êtes partis mes fils, mes anges, mes amours...et je souffre toujours autant de votre absence..On me dit que la douleur s'atténuera, mais pour le moment elle est toujours là et ne me quitte pas et je ne suis pas sure que cela finira par passer....

Vous me manquez, il n'est pas un jour sans que je ne pense à vous..

On me dit aussi que j'ai la chance d'avoir 2 adorables petites filles, oui, elles sont là mais n'effacent en rien la douleur de votre absence car elles ne vous remplacent pas et ne vous remplaceront jamais....
On me dit qu'il faut se tourner vers l'avenir, oui sans doute, mais comment construit on un avenir serein, fort et solide quand le passé est si fragile...
Je suis heureuse avec vos soeurs et votre papa mais détruite à jamais parce que vous n'êtes pas là..
On me dit de ne pas penser à ce qu'aurait pu être mon avenir avec vous, mais comment ne pas y penser alors que nous avions fait tant de projets avec et pour vous...
Mon regard ne parvient toujours pas à ne pas se troubler lorsque je croise des jumeaux, mon coeur se serrer...

Plus rien ne sera jamais comme avant, ce sentiment d'injustice, de culpabilité et de responsabilité trop lourde à porter me poursuit, même si je sais que nous avons fait ce geste aussi par amour pour vous....Je suis sure que nous avons fait « le bon choix »...enfin, je crois...j'espère...

On ne comprend pas que je vous pleure encore alors que depuis votre départ, une petite soeur est arrivée..Elle aura d'ailleurs 9 mois le meme jours que vos 2 ans...Hasard des dates, je ne sais pas...Elle est née le 12/01 alors que vous êtes partis un 12/10...juste une inversion de date.. Vous auriez dû naitre un 15 février, elle aurait dû naitre un 14 février si elle ne nous avait pas rejoins prématurément.
On me dit que la vie est ainsi faite et que je n'ai pas le droit d'être malheureuse parce que vos soeurs sont là, que d'autres n'ont pas la chance d'avoir des enfants...oui mais le malheur des autres n'enlève rien à ma tristesse bien au contraire...il ne faut pas tout mélanger et ce n'est pas parce que d'autres sont malheureux que je devrais être plus heureuse...

Je pleure encore et toujours et je pleure en écrivant ces mots...
Je vous embrasse mes amours, votre place au fond de mon coeur est toujours bien présente..Vous êtes mon passé, mon histoire, mon futur, ma faiblesse et ma force...
Je vous aime tant et je voulais vous dire merci, merci de nous avoir choisi comme parents mes fils, mes amours....


Christine

Par Claire / Jellylorum
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Mardi 27 janvier 2009



Le deuil périnatal est un sujet qui me touche de très près puisque j'ai vécu 3 fausses couches moi même, et je suis toujours horrifiée de voir la manière dont on traite les femmes vivant cette douleur. Bien souvent, elles ne sont pas entendu, on refuse de leur accorder le droit de deuil. Elles vivent dans une grande souffrance, et bien souvent, des années plus tard, ne se sont toujours pas donné le droit de vivre ce deuil.
Cela fait bien longtemps que je souhaite faire un long article avec des témoignages de femmes ayant vécu un deuil périnatal. Une fausse couche, un ivg, une img, une GEU, un bébé né trop tot, ou mort in utéro, voir à la naissance. Tous ces deuils sans nom, ces morceaux de coeur qu'on nous arrachent et qu'on doit taire, car après tout "tu en auras d'autres", "c'est mieux comme ca"....
Ce que j'aimerais, c'est retranscrire la parole des femmes, ce qu'elles ont ressenti et vécu dans leur chair et dans leur coeur, la façon dont l'entourage a perçu ce deuil...
Qu'on puisse laisser notre douleur et nos cris sortir.

Voici donc le premier texte, celui ci est le mien, à moi d'ouvrir la voie... Si vous souhaitez participer et que je publie le votre, n'hésitez pas à me contacter. Le témoignage peut prendre la forme que vous souhaitez, une lettre au bébé, l'histoire de ce qu'il s'est passé ou simplement le ressenti, un dessin, une photo... Peu importe. 
Brisons la loi du silence...

PS: j'aimerais publier sur le blog un  témoignage toutes les semaines ou tous les 15 jours, n'hésitez pas à m'envoyer les votres. Et il est possible que lors des Journées des Doulas 2009, sur le thème de la parole des femmes, certains soient lus.


Lettre à toi,  mon bébé de juillet 2001 dont je tairais le nom...

Tu es arrivé par surprise, juste deux bandes bleues et tu étais là... Et tout de suite, on nous a félicités. Tout de suite, on m’a traité comme une chose fragile. Parce que tu étais logé au creux de moi. Et tout de suite, je t’ai aimé, je t’ai su, je t’ai imaginé.
Si j’hésitais, on me disait « mais si, tu attends un bébé ! ». En ces temps là, ces temps de joie, tu étais un bébé.

Et puis, tu es parti, rêve éveillé, rêve envolé…
Tu es mort très vite au creux de moi, là ou tu aurais du grandir, là ou j’aurais du te protéger, et on a vu notre futur basculer. Plus rien n’était pareil, tout devait être réinventé. Comme avant toi. Mais l’avant toi n’existe plus, nous sommes l’après toi… Tu n’es resté qu’un peu plus de deux moi dans mon ventre, mais tu m’as transformée, tu m’as faite mère. Puis douleur…
Comment accepter, comment continuer et faire comme si tu n’avais jamais existé ?
Parce que très vite, ceux qui disaient être là pour moi ne me soutiennent plus. Ma souffrance dérange.
Il parait que c’est mieux comme ça, que c’est mieux maintenant… Mais non, c’est mieux jamais !! Comment peut-on me dire ça ??
Comment peut-on me dire que j’en aurais d’autres, moi qui suis encore emplie de toi, de ta présence, de ton amour, de tous nos rêves ?
On me disait que j’attendais un bébé, et aujourd’hui, les mêmes me disent que je dois passer à autres choses puisque tu n’en étais même pas encore un ? Ils mentaient au début alors ? Et pour eux, tu étais quoi ???

Très vite, je n’ai plus le droit de te pleurer, je n’ai plus le droit de t’aimer.
Apparemment t’avoir logée dans mon corps « que » deux mois ne me donne pas droit à un deuil puisque pour eux, tu n’es rien…
« Passe à autre chose » « arrête d’y penser » « c’est mieux ainsi, il devait y avoir un problème » « c’était même pas un bébé » « c’est bon maintenant, tu vas pas continuer avec ta fausse couche, y en a marre de ça »…
Tu n'es plus mon bébé, tu es ma fausse couche...

Mais après tout, es-tu venu ? Es-tu parti ? As-tu existé toi que je n’ai pas le droit de nommer ?? Oh, te nommer, te choisir un prénom et le dire à haute voix, t’entendre m’appeler maman… J’y ai pensé des heures durant en caressant ce ventre encore plat que nous partagions alors.

Et aujourd’hui encore, je te pleure, en silence, pour ne pas déranger… Comment leur faire comprendre que l’amour que je ressens pour toi ne s’est pas écoulé de moi avec le sang qui t’a emporté ?


Par Claire / Jellylorum
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